Affaire Seznec : L'ascension de Pierre Quémeneur
/image%2F1613768%2F20220409%2Fob_1a73b3_affaire-seznec-christophe-malavoy.jpg)
Lle choix des acteurs d'Yves Boisset pour son téléfilm "L'affaire Seznec" (1992).
Guillaume Seznec y est incarné par Christophe Malavoy.
/image%2F1613768%2F20220409%2Fob_a589cb_jean-yanne-telefilm-affaire-seznec.gif)
Pierre Quémeneur, se présente sous les traits de Jean Yanne.
Né à Commana, canton de Sizun (Finistère) le 19 août 1877, aîné de cinq enfants, Quémeneur appartient à une famille de cultivateurs relativement aisés.
Envoyé de l'école primaire au Petit Séminaire de Pont-Croix (arrondissement de Quimper), il quitte cet établissement vers l'âge de 20 ans pour travailler quelques années à la ferme paternelle.
Dès 1906 il s'établit comme marchand de vins en gros au bourg de Saint-Sauveur, limitrophe de Commana...
Et, deux ans plus tard, devient conseiller municipal de la commune.
Pendant la première guerre mondiale, exempté de service à cause de sa vue, sans abandonner le commerce de vins, il adjoint ceux des bois et des chevaux qui lui permirent de gagner une fortune rondelette.
Aux élections de 1919, il pose sa candidature comme républicain modéré au siège de conseiller général pour le canton de Sizun, dont le titulaire sortant était M. de Rusunan, maire de Sizun, radical. Au scrutin de ballotage du 21 décembre il l'emporte sur son concurrent par 1024 suffrages contre 795.
En 1920 il s'installe, pour plus de commodité dans la conduite de ses affaires de bois, dans une propriété appelée Ker-Abri, sise en bordure de la route de Lesneven, à proximité de la gare de Landerneau.
Sa plus jeune soeur, Jeanne, célibataire comme lui, l'y suit pour diriger l'intérieur et assurer la liaison téléphonique entre lui et ses demandeurs éventuels.
Projetant de revenir un jour se fixer à Saint-Sauveur, il achète, en 1922, un assez vaste terrain à bâtir à l'entrée du bourg et, bien que l'ayant loti, s'y réserve un emplacement pour la construction d'une maison où abriter ses vieux ans.
Entre temps, il se rend aussi acquéreur d'une propriété sise en Plourivo (Côtes du Nord) et bordée par la rive droite du Trieux à son embouchure.
Cette propriété appelée Traou-nez, comprend une maison de campagne, une ferme et un bois de pins de 80 hectares dont l'exploitation fut confiée par lui à son frère Louis, de sept ans son cadet.
A cette époque, les houillères britanniques sont grandes acheteuses de poteaux de mines ; de nombreuses pinèdes de Bretagne fournissent ainsi un fret de retour aux cargos et petits voiliers qui débarquent le charbon anglais sur les quais de Brest, de Morlaix, de Paimpol et de Lorient.
D'extérieur modeste, Pierre Quéméneur a néanmoins un physique agréable, un visage souriant, un regard vif derrière son lorgnon cerclé d'or, et manifeste sans éclat une bonne humeur dont la constance va sans doute de pair avec la réussite de ses diverses relations. Sa lèvre supérieure, ornée d'une moustache, relevée aux pointes très courtes, découvre de temps à autre quelques dents aurifiées. Au café ou au restaurant, sa largesse sans affectation en fait un partenaire sympathique, et on ne peut penser que, par ailleurs, il ait jamais connu d'ennemis, aussi bien sur le plan politique que dans sa vie privée.
Célibataire endurci, il résiste aux tentatives de ses parents et amis pour le décider à se marier.
La plus grande intimité ne cessa jamais d'exister entre Pierre Quémeneur et les siens, qu'il s'agisse de son frère Louis, de sa soeur Marie-Anne mariée en 1920 avec Me J.-P. Pouliquen, notaire, et surtout de Jeanne, qui partageait sa maison à Landerneau, et pour laquelle il n'avait pas de secret.
Son habitude, chaque fois qu'il part en voyage, est de fixer cette dernière sur la date probable de son retour, et de la prévenir par télégramme ou par téléphone si son absence doit se prolonger, ou s'il doit s'arrêter quelque part avant de rentrer.
Lorsque, le 23 mai il lui fait part d'un voyage à Paris, projeté en compagnie de son ami morlaisien Seznec, et pour lequel il doit quitter Landerneau en chemin de fer, le lendemain 24, vers 9 heures du matin, son intention est d'être de retour au plus tard le 28 ; il n'emporte d'ailleurs dans son bagage que le nécessaire pour une absence de courte durée.
C'est pourquoi, connaissant la ponctualité de son frère à donner de ses nouvelles, Mlle Quémeneur s'étonne de n'en avoir reçu aucune au bout d'une semaine. Son étonnement se mue en inquiétude quelques jours plus tard, et cela d'autant plus que les autres membres de la famille se retrouvent exactement dans son cas...
/image%2F1613768%2F20220409%2Fob_e1304b_francis-gourvil.jpg)
Source de cet article : le fonds Gourvil :
Érudit morlaisien, Francis Gourvil (1889-1984) a été correspondant de "L'Ouest-Éclair " puis d' "Ouest-France". Spécialiste de toponymie et d'anthroponymie bretonnes, historien de la Bretagne et des pays celtiques, Francis Gourvil s'est fait notamment remarquer pour sa thèse sur " La Villemarqué et le Barzaz-Breiz " (1960).
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire