
mardi 27 septembre 2022
Affaire Seznec : André de Jaegher

Affaire Seznec : Généalogie Quéméneur / Pouliquen
Yves Mathieu Quéméner (né à Kerverroux en Commana en 1834) aura 13 enfants.
Affaire Seznec : le récit du voyage Morlaix/Paris par les journaux
Denis Seznec nous écrit en page 105 :
« Guillaume Seznec, lui, fera des erreurs, confondra des lieux, oubliera la rencontre de témoins – souvent favorables -, bref, se comportera comme un innocent«
1. La Dépêche de Brest du 25 juin 1923, page 2.
Les derniers renseignements sur le disparu
M.
Seznec, qui a son atelier et ses chantiers sur la route de Brest à
l'entrée de Morlaix, s'emploie, sous un hangar, à changer les chambres à
air d'une automobile pour gagner Huelgoat, lorsque nous le joignons.
Notre
question ne le surprend guère. Il a depuis de si longs jours songé à
cette affaire ; il s'est tant efforcé de discerner les causes de cette
disparition, qu'il ne songe pas, lui, à s'étonner que d'autres puissent
s'en inquiéter.
— C'était,
dit-il, le jour de la foire Sainte-Catherine à Morlaix, le jeudi 24
mai ; j'avais rendez-vous avec M. Quéméneur à l'hôtel Parisien, à
Rennes. Comme il était parti par le train du matin de Landerneau, je
devais le rejoindre vers une heure de l'après-midi.
« Nous
devions livrer une automobile Cadillac, qu'il avait vendue 30.000
francs, à Paris. Mais la voiture était chez moi depuis bien longtemps,
et comme elle n'avait pas roulé, les pneus étaient très secs.
« C'est pourquoi, surpris de ne pas m'avoir encore vu, vers 4 h. 30, il téléphonait à Mme Seznec pour manifester sa surprise.
Affaire Seznec : Les dates de Mai 1923

Le Dimanche 20 Mai 1923
"J'avais passé les fêtes de la Pentecôte, c'est-à-dire les journées des 20 et 21 mai, en compagnie de M.Quemeneur, mon beau-frère. Le dimanche 20 mai nous avions quitté Landerneau vers midi pour aller aux courses de Commana. M. Quemeneur est rentré le soir même à Landerneau, tandis qu'avec ma femme et mes enfants, je restais à Saint-Sauveur où il y avait fête le lendemain."
Affaire Seznec : L'acte d'accusation
Affaire Seznec : L'acte d'accusation
Excelsior du 27 octobre 1923
Affaire Seznec : Guillaume Yves Marie Le Nuff, Président des jurés au procès d'octobre 1924
Affaire Seznec : Guillaume Yves Marie Le Nuff, Président des jurés au procès d'octobre 1924.
L'action Française du 4 novembre 1924
"Un juré est un citoyen tiré au sort sur les listes électorales pour siéger à la cour d'assises. Il participe aux côtés des magistrats professionnels au procès des personnes accusées de crime: Infraction la plus grave punissable par une peine de prison (homicide volontaire ou viol par exemple). Le juré exerce pleinement la fonction de juge. Si vous êtes retenu pour siéger lors d'une session d'assises, vous êtes obligé de le faire sauf s'il y a un motif grave qui vous en empêche. Vous devez respecter certaines obligations. Vous avez droit à des indemnités."
lundi 26 septembre 2022
Affaire Seznec : Brest Recouvrance
Affaire Seznec : Brest Recouvrance
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"Puis, en 1914, la guerre éclate. Seznec est mobilisé, mais en raison de ses blessures et de sa situation de famille - un quatrième enfant, Albert, est né - il est versé dans le service auxiliaire au dépôt d'infanterie de Brest. Très vite, on lui propose même d'être affecté à sa propre blanchisserie, à condition de ne laver que le linge de la garnison."
Affaire Seznec : Guillaume Seznec au bagne
Affaire Seznec : Guillaume Seznec au bagne

De même la présentation qui est faite par Denis Seznec dans son livre tant des conditions de détention au dépôt de Saint-Martin-de-Ré, du voyage des condamnés sur La Martinière ou de la vie quotidienne dans les bagnes de Guyane dans les années 1930, ne relève pas de la vérité historique.
dimanche 25 septembre 2022
Affaire Seznec : Jean Pouliquen
Affaire Seznec : Jean Pouliquen
En 1914, Jean Pouliquen est clerc chez le notaire Manchec à Sizun.
deux années de service militaire de 1907 à 1909.
"Il a commencé sa carrière chez Me Manchec à Sizun en février 1914 car celui-ci partait à la guerre mais a travaillé successivement en tant que clerc avec les notaires ci-dessous grâce à Me Danguy des Déserts :
Affaire Seznec : Louis Quéméneur
Affaire Seznec Investigation : Louis Quéméner
- Il est né à Commana le 10 décembre 1884,
- Il a vécu avec son frère Pierre d'abord au café de Saint-Sauveur dont on le retrouve "associé" dans le recensement de 1911.
Affaire Seznec : Petit-Guillaume
Affaire Seznec : Petit-Guillaume
Petit Guillaume naît à Plomodiern le 1er mars 1911.
Il est en fait le quatrième enfant du couple Seznec.
Affaire Seznec : Fonds de l'étude Raison du Cleuziou, avocat à Châteaulin
Historique concernant M. Guillaume Seznec avec Mlle Marc et ses relations avec M. Marc, commerçant au bourg de Plomodiern
"Le 25 juillet 1906 Mr Seznec vient habiter avec les époux Marc, où il s’occupe des travaux dont M. Marc avait à faire soit pour le commerce ou les travaux des champs. Au mois d’octobre 1906, M. Seznec fit part à M. Marc qu’il avait l’intention de s’installer à son compte. Il voulait, disait-il, faire le marchand de bicyclettes. A la fin d’octobre 1906 il achète un fond de boutique avec M. Mignon de Châteaulin. Je lui ai charroyé 2 charretées de ces vieilleries. Au commencement de novembre 1906 il me prie de lui louer le magasin qui me servait à remiser des graines et faire des repas de noces, quand il n’y avait pas de place suffisante dans la maison principale, la prise de location annuelle était convenue à 150 F. Je me réservai le droit d’y déposer quelques sacs de graines qui m’auraient encombré ma maison, sans quoi le magasin valait 200 F / an de location. Le même magasin est loué actuellement à M Rinsec la somme de 250 F. La dernière huitaine de novembre 1906, M. Seznec va à Paris voir le salon d’automobiles. Il achète là une quantité de bicyclettes de soldes d’occasion de la Maison Cottereau de Paris.
Commentaire de Daniel Le Petitcorps suite à l'émission de Franck Ferrand du 23 avril 2015
Commentaire de Daniel Le Petitcorps
suite à l'émission de Franck Ferrand du 23 avril
Je
trouve Denis Langlois bien optimiste même s'il est toujours permis
d'espérer une bonne fin pour cette dramatique Affaire Seznec toujours
pas résolue. Je dois dire que j'ai été choqué de l'entendre parler
"d'affrontement
Pour me
contacter: Daniel.lepetitc
vendredi 23 septembre 2022
Affaire Seznec : rapport Camard sur Alphonse Kerné
Affaire Seznec : rapport Camard sur Alphonse Kerné
Affaire Seznec : rapport camard sur la vente d'automobiles
Affaire Seznec : rapport camard sur la vente d'automobiles
Affaire Seznec : rapport Camard et le voyage à Saint-Brieuc
Affaire Seznec : rapport Camard et le voyage à Saint-Brieuc
Selon le juge Charles-Victor Hervé, Guillaume Seznec aurait passé la nuit du 12 au 13 juin 1923 à l'hôtel "Le Perroquet Vert"a Saint-Brieuc.
Affaire Seznec : Le rapport camard et Gherdy
Affaire Seznec : Le rapport camard et Gherdi
L'Auto du 6 novembre 1923
"Gherdi et Claude Bal ont été confrontés (P.V. 504/3) La confrontation a été orageuse, Gherdi reprochant vigoureusement à son interlocuteur d'avoir "raconté des histoires". Chacun est resté sur ses positions.
Affaire Seznec : Le rapport Camard
Affaire Seznec : Le rapport Camard
Qui était René Camard ?
Journal Officiel du 5 octobre 945
Journal Officiel
Sur Généanet.
Son père, Arthur Camard, était né à Saint-Brieuc le 24 mai 1875.
Qu'est-ce que le rapport Camard ?
"Depuis la fin de l’année 1953, un jeune reporter, Claude Bal, ne quitte plus Seznec. Il veut recueillir ses confidences pour "Paris-Match". Il fait signer à Seznec un papier le chargeant de façon exclusive de découvrir des faits nouveaux en vue d’une révision du procès."
in blog de Denis Langlois.
Octobre 1955.
Claude Bal fait paraître son livre : "Seznec était innocent".
Avec, en couverture, la photo de Guillaume Seznec sur son lit de mort.

Il dépose officiellement une demande de révision au ministère de la Justice.
"Un policier, le commissaire divisionnaire René Camard, est désigné pour vérifier toutes ces affirmations. Il entend les témoins cités par Claude Bal, du moins ceux qui sont encore vivants."
in Denis Langlois page 171 de son dernier livre.
........................................
Claude BAL né le 15 janvier 1930 à Paris 14e.
Mort le 26 août 1988 à Mondreville (Yvelines).
Il a eu deux enfants. Frédéric Bal et Claude Junior.
Qui semblent bosser tous deux dans le cinéma.
Entre 1953 et 1955, il a vraisemblablement eu une relation avec Jeanne Seznec. Mais aussi avec sa fille Francette.
Quatrième de couverture de son livre paru en septembre 1955 :
"J'ai rencontré Claude Bal alors qu'il n'avait pas encore dix-huit ans ; il taquinait la muse, et les poèmes qu'il écrivait apportèrent la preuve de son talent littéraire. Plus tard, il lui arrivait de partir trois mois pour la campagne, et d'en revenir avec les trois cents pages d'un roman qu'il finissait toujours par détruire. Je ne lui donne pas tort : il a appris son métier avec intelligence. Il a exercé toutes les professions et, pourtant, il n'a que vingt-cinq ans. Ce qui l'a sauvé, c'est qu'il n'a jamais cessé d'écrire. Une fois encore, je l'approuve, car c'est là son véritable métier. On s'attendait à ce qu'il présente un roman au Prix Goncourt... Non, il a rencontré Seznec, découvert son histoire, mené une difficile enquête et démontré l'innocence de l'ancien forçat. Là où tous les autres avaient échoué depuis plus de trente ans, il a réussi avec éclat. Son ouvrage est l'un des plus passionnants « policiers » que j'aie jamais lu, un « policier » vécu, dans lequel Claude Bal a fait toute la lumière sur la plus mystérieuse affaire de ce siècle : l'assassinat du Conseiller général Pierre Quémeneur. Sans tout son talent, toute sa persévérance, tout son courage, ce jeune écrivain-enquêteur n'y serait jamais parvenu."
Petit-Guillaume sur Claude Bal (in les confidences à Bernard Le Her retranscrites par Denis Langlois) :
"Si tu savais ce qu’a dit Claude Bal sur ta mère. C’est un salaud, Claude Bal, tu sais. Je me demande même s’il n’a pas fricoté avec Francette. Parce qu’ils sortaient le soir, ils ne rentraient que le lendemain matin.. Tu sais, Claude Bal, lui, il s’en fout pas mal. Il croit en rien du tout. Ce qu’il veut, c’est ramasser de l’argent. Bon, il laissait des rognures à ta mère…"
...................................................
Cela donne lieu au "rapport Camard".
"Il me fallut attendre quarante années avant de prendre connaissance des 294 pages de la très éclairante enquête du 1er juin 1956 du Commissaire divisionnaire René Camard, chef de la 1ère section de la Direction des services de police judiciaire. Selon ce rapport, rien de tangible ne restait des allégations de Bal."
in la page 62 du livre du juge Favard.
Je viens de jeter un coup d'oeil sur nos trois auteurs principaux, histoire de voir ce qui était dit sur ce rapport Camard...
1/ Bernez Rouz
C'est celui qui en parle le plus...
En page 65 et en note, pour signaler que Camard a opposé un démenti formel à l'accusation visant Marie Priser, employée de préfecture à Brest (3, rue Parmentier), comme dactylographe des promesses de vente.
Elle était surtout l'épouse d'Hilaire Métais, ami de Guillaume Seznec.
En page 138 et en note, pour conter la confrontation entre Claude Bal et Francis Gherdi (selon procès-verbal du 10 janvier 1956.
En page 155 et en note, pour évoquer le témoignage de Juliette Le Her devant le commissaire Camard le 15 février 1956.
En page 161, pour évoquer la thèse d'un meurtre de Pierre Quémeneur dans les caves du café Au Tambour. Thèse démontée pierre à pierre par le commissaire Camard.
En page 164, et en note :
"Le commissaire Camard interroge aussi les anciens détenus qui tous, sauf un, ont affirmé n'avoir pas été les témoins des prétendus aveux de Le Her. Le procureur général estime alors que ce seul témoignage est insuffisant pour établir la culpabilité de Le Her, meurtrier de Quéméneur."
En page 197, pour souligner l'action de Camard dans l'histoire Héranval et démentir l'odieuse rumeur selon laquelle Mlle Louise Héranval couchait avec le commissaire Vidal, lors du procès de Quimper.
Rumeur s'appuyant sur cette photo qui a été, en fait, prise à Morlaix fin juillet 1923. Mlle Héranval et le commissaire Vidal se rendant chez le juge d'instruction.
2/ Denis Langlois :
En pages 171/172
Et, toujours chez Langlois, en page 172 :
"Bref, conclut le rapport du commissaire Camard, il n'est pas utile d'insister sur le manque de sérieux de la requête présentée par M. Bal, à laquelle peut s'appliquer le jugement porté en 1932 par le tribunal de Rennes sur la campagne de presse du journal La Province qualifiée "d'ensemble d'allégations, de suppositions, d'appréciations, d'hypothèses et de raisonnements". Toutefois, les procédés utilisés par l'auteur : déformation des faits, falsification des témoignages, création de témoins imaginaires, sont tels que, s'ils avaient été utilisés sciemment, ils constitueraient le délit d'outrages à magistrats. De toute façon s'applique à lui, à la lettre, le qualificatif de "farceur" qu'il a attribué à son prédécesseur Hervé."
En page 250 :
"En ce qui concerne Gherdi, les vérifications effectuées en 1956 par le commissaire Camard font apparaître qu'il nie avoir traité des affaires avec Pierre Quémeneur et l'avoir rencontré après sa disparition."
En page 291 (affaire Héranval/Vidal) :
"Le commissaire René Camard, chargé d'examiner la requête de Claude Bal, interroge en 1956 le garagiste Hodey. Il reconnaît que, pendant le procès qui a duré quinze jours, les témoins qui vivaient env ase clos dans le palais de justice, ont fini par lier connaissance et sympathiser par groupe. "Mais, déclare-t-il, il m'est impossible de dire que le commissaire Vidal a noué des relations avec l'une ou l'autre des jeunes femmes ou jeunes filles témoins."
En page 323 :
"Seul le commissaire Camard, nous l'avons vu, en fait état en 1956 dans son rapport : Guillaume Seznec n'est pas en mai 1923 un néophyte en matière d'achat et de vente de voitures américaines."
3/ Michel Pierre
Michel Pierre le cite en pages 204 et 205 quand il évoque les élucubrations de Claude Bal.
Et, il ajoute :
"De son côté, le procureur général chargé de transmettre la demande de révision portée par Claude Bal à la chambre criminelle en octobre 1956 concluait malignement à son propos : "Je veux bien, considérant sa jeunesse, admettre qu'il a agi sans discernement et l'absoudre, à condition qu'il observe, désormais, sur cette affaire, un silence que son ignorance, son incompétence en la matière et l'insuffisance de ses moyens ne lui permettaient pas de troubler."
Denis Seznec écrit en pages 418/419 :"La conclusion du rapport est d'ailleurs très révélatrice de cet état d'esprit : alors que sa mission consistait simplement à vérifier le bien-fondé des arguments présentés par Claude Bal dans sa demande de révision, le commissaire n'hésite pas à se prononcer sur le fond de l'affaire et affirme que le dossier pénal contient un tel faisceau de charges qu'il n'est pas permis de croire à l'innocence du condamné."
in Denis Langlois.
Affaire Seznec : Le rapport Camard
Affaire Seznec : Le rapport Camard.
L'affaire des Cadillac chez Claude Bal:
"Pourquoi Pierre Quemeneur vient-il à Paris ? Pour une affaire suspecte qu'il doit traiter avec un citoyen américain, M. Charley. L'affaire des Cadillac a paru, à l'époque, comme un roman insensé, inventé de toutes pièces par l'accusé. La police, après avoir soi-disant vérifié les dires de Seznec, avait affirmé qu'il avait menti. Quant à l'Américain Charley, la Sûreté prétendit l'avoir recherché en vain pendant seize mois. Elle affirma qu'in n'existait pas. L'affaire des Cadillac n'était qu'un mythe, l'Américain Charley un personnage imaginaire. Seznec avait inventé toute cette histoire pour attirer Quemeneur à Paris, en lui faisant miroiter une fortune à gagner et le tuer en cours de route. Préméditation, guet-apens, l'avocat Guillot disposait d'excellents arguments pour requérir la peine de mort.
Affaire Seznec : Bertrand Patenaude
Affaire Seznec : Bertrand Patenaude (2)
1/ Page 685/686/687/688
Dangerous men in Russia :
"When the Dodge-Dalton trunks were opened on December 8, Leon Turrou was present as a witness, and he signed the Soviet government’s « Act » as its translator. The shadow of Turrou falls omninously over the December courrier incident.
Four years later Bruland remembered the « gossip » in Moscow about Turrou : that « he was acting spy for the Bolos and gave away the Dodge trunk episode. » It is unclear why it was thought that the Soviets would have needed the services to unmask Dodge, whose reputation had long preceded the train that was carrying him and his plunder out of Russia. Still this does not necessarily mean that Turrou dit not spy for the Bolos. The career path he followed after leaving the ARA indicates a proclivity for the espionage game. And the remarkably nomadic existence of his pre-adult years might suggest long experience in changing allegiances, although for the details of his early biography one must rely on Turrou’s own testimony, delivered under oath in the United States District Court in New York in 1928.
Turrou – who pronounced his name to rhyme with « Ferrow » - was born in Crascaw on September 14, 1895, several months after his father had died in Pairs. Three months after his birth his mother died and he was adopted by neighbors, who took him to Cairo and Alexandria, and later, at age seven, to China. After his foster mother died , his foster father took him to Odessa and then to Warsaw, and after serving with the Imperial Russian Army during the Russo-Japanese War returned with the boy to China, working there as an importer until his death a few years later. Turrou, by then a teenager, was sent back to Poland, wandered to Berlin, then London, and then came to the United States, where he earned a living washing dishes and translating, for by then he ha dacquired a proficiency in several languages.
In 1915, he left for Paris, seeking opportunity in the war, and ended up joining the Russian Imperial Army. He saw action on the eastern front and was twice wounded. After the war, he was briefly in Shanghai ; in 1919 he returned to the United States and supported himself on his translating skills, working for the Russian-language newspaper Slovo until he joined the marines in 1920. He then picked up and moved to Paris, where he worked as a translator and some how got connected with the A.R.A. In September 1921 he signed on with the Russian unit, for which his knowledge of languages and his Russian background must have made him seem an attractive candidate. He felt right at home in Moscow ; he himself said that he had the « typical high-cheekboned oval face of a Russian. »
Turrou has been hired as an interpreter, and he continued to serve in that capacity throughout his time in the mission, but he had a knack for insinuating himself into more responsible positions. Early on he was placed in charge of clothing manufacture at Moscow headquarters, which meant supervising the assembly of clothing packages. Several weeks later he was transferred to the administrative division, where he served as a special assistant to his chief. In April 1922, Haskell raved about Turrou’s talents and spirited performance in a variety of roles : he was « swinging one of the most trying and difficult positions at these headquarters and he is at present the only man filling a position with responsibility beyond that which he was engaged. » These words would later take on an antirely different meaning from that intended. Haskell was hooked, and once he was hooked, he stubbornly resisted beeing unhooked in the face of adverse evidence.
The first complaints about Turrou came from Soviet officials who were upset about the quality of his interpreting during ARA-Soviet meetings, charging that he distorted their own words and delivered the American message with an excessively hostile slant. If the quality of his translations of newspapers articles and official texts is any indication, the Soviets had a legitimate gripe. Turrou had a creative imagination, who he put to liberal use as a translator.
The most serious problem with Turrou, however, was not his translations but his transactions, those of the monetary variety. His record is an assortment of odds and ends.
On November 1, 1922, the London office informed Moscow that Turrou had been complaining that he was loosing money because London was depositing his pay checks in dollars in a Paris bank ; since it was impossible to have a checking account in dollars with a Paris bank, they had no idea what he was talking about.
In January 1923, after reliever Joseph Janicki had left the mission ant was living in Riga, he was told by a succession of Americans traveling from Moscow that he had left some unpaid bills there at the Empire casino. This did not make any sense to him until someone told him that his visiting cards had been left at the Empire with an IOU signed by Turrou, ant that it was Turrou who was telling people about Janicki’s allegee unpaid billes. Janicki wrote to Quinn of this dirty "trick" and asked for help in clearing his name ; if Quinn had any doubts, he could just ask Freddie Lyon.
This question could not have been resolved to Janicki's satisfaction because a year after the mission he wrote to the New York office and asked to be rembered to all his ARA friends - all, that is, "EXCEPT TURROU. You can forget him for me, if you please. I will convey my best wishes to him personnaly when I arrive and he should yet survive."
Others would readily have joined in such well-wishing. One was Michael Banetski, a Soviet Citizen who turned to Haskell at mission's end and asked to be taken to the United States. He was worried that his contribution as an ARA employee have been obscured from the colonel by Turrou, with whom he had worked for nine months. "He Always try to keep me down never did give me a credit for important work but always did take credit for it to himself."
Turrou was connected with an unhappy story involving the renting of an apartment in Moscow by three ARA men. The cost was about forty-five dollars per man per month, and each American put down two months rent in advance and moved in. Their joy at having graduated from life at the personnel house was cut short, however, when the Cheka showed up one evening to take possession of the place, which it had previously requisitioned for office space. The landlord had vanished. It seems that Turrou had brokered the arrangements.
All this came to light while Turrou was serving in Moscow, but he did Nothing to dampen the enthusiasm of Haskell, who in February 1923 as Turrou was departing Russia wrote a glowing letter thanking him for his "efficient service", especially his excellent interpreting at the many conférences with the Soviets.
Turrou's difficulties began only after he crossed the Soviet border. In early March there were questions about a case of needles, Worth 60$, that he had taken from the Boinaia Warehouse without a proper receipt. London headquarters was trying to track him down for a proper explanation. At this very time, Turrou was in Warsaw writing to Haskell about an other troubling development. Before his departure from Russia he had purchased four Diamonds and a Platinium Watch for 2,500$, but on arrival in Warsaw he discovered that the Diamonds were merely Ural sapphires - in other words, he had been conned. He was about to depart for the States but asked Haskell's permission to send the fake stones by ARA courier to Russia addressed to Booman and with a request that his Latvian friend do Something about this. Haskell was out on leave, so Quinn wired London to advise that if Turrou were to surface there on his way to the States, he be informed that his resquest was denied.
A week later it was revealed that Turrou, who has paid the Moscow diamond seller with a check on the Banker's Trust in Paris, had stopped payment on the check - a fact he neglected to mention in his letter to Haskell - and that now the seller was in debt to the Soviet State Bank for the money. Quinn characterized this individual as being "one of the particularly undesirable types", though he thought the Diamonds were probably genuine and that Turrou himself was the con. Quinn then learned from a separate source that Turrou had stopped payment by claiming that the check had been stolen and that the signature was a forgery. "On the whole it is a pretty shaddy deal and we are glad that Turrou is out of Russia."
But where was he ? Mitchell in London wrote to New York that they could not track him down in Warsawand that he had avoided the London offices, apparently "doing track him down in Warsaw and that he had avoided the London offices, apparently « doing as will-o’-wisp stunt. » He had set sail from Le Havre for New York, and the plan was to intercepted him there. Mitchell characterized his behavior « an example of perfect nerve. The young man can speak thriteen different languages an I think has apparantly been doing a bit of business in each.
By March 26 Turrou had arrived in New York and had somehow been lured in the ARA headquarters. There has explained that he no longer was in position of the diamonds in question, that he had given them to a man named Nachhimoff in Warsaw, who was to return to Moscow and deliver them to Volodin taht the stones were worth only about seventy dollars and requesting him to return the jewelry to the seller. As for the missing needles, Turrou claimed that these had been given to a Catholic institution in Moscow as agreed to by Burland.
This information was cabled to Quinn, who wired back on March 31 that no such Nachimoff had appeared in Moscow and that the needles story was plainly untrue. He felt that Turrou should be forced to make good on the canceled check.
On April 4, Brown wrote to Haskell, now back in Moscow, that Turrou had come clean on the diamonds question, and has signed a sworn affidavit. It is unclear what he confessed to because the affidavit is lost, but somewhere along the line Turrou may in fact have been suckered because the chiefs caracterised his statement as « a long sad story of what purports to be his attempt to enter into the «’get rich quick game.’ »As for the needles question, he stood by his story, and there was no evidence to contradict it. Nowhere in the documentation is there any indication of what Haskell thought about these matters.
This should have been the end of the Turrou story ; he should have disppeared from the scene like those other ARA operators, Veil and Dodge. But Turrou was a confidence man of a higher breed.
« In late April, only three weeks after development that would have left a nomal man with his head lowered, he addresed a rather brash letter to Hoover. He told the Chief that the day he had been hired to interpret for Haskell had been the happiest of his life because it had put him in an ideal position to discover « the real truth » about Russia. His ARA role and his facility with languages had enabled him « to penetrate into untoward situations ». He had succeded in gaining the confidence of the Soviet leaders and had thus been able to learn the inside story about Bolo affairs. After a while he had decided to leave Russia because « I was tired of being followed and beins spied upon and I felt that I had done as much as I could with enough time left to get away safety. » He felt that Hoover would benefit from hearing the « detailed facts » of his « personal continuous investigations. »
But just in case the Chief might not see it that way, Turrou dropped an unsubtle hint. The newspapers were all asking him for his story , he said, but he thought he should get Hoover’s approval before making of his findings public. These findings had much to do with official Soviet obstructionism. Why, hardly a paragraph of the Riga Agreement had not been violated. He was in possession of a confidential information that Lander’s agents had been ordered to disseminate anti-ARA propaganda. Haskell’s meeting with Lenin had raised Soviet expectations of a deal with Washington, but « Colonel Haskell came back empty handed ant they never got over the disappointment. » And so on.
With only a few month remaining in the mission and with the ARA sishing to avoid controversy, Turrou could raise quite a fuss. In order to prevent this Hoover woul have to agrree to see him, which was Turrou's calculation. This was decided in the New York office where the discussion must have accompanied by much gritting of teeth. There is no record of the Hoover-Turrou encounter, but it happened on or before May 14 when Page wrote to Herter that Turrou was "not a genuine ARA man" - Quinn's words - and that he was not allowed to see the Chief again.
Turrou dropped out of sight for about two years until he wrote another letter to Hoover, this one regarding a supposed six-Week business trip he had just taken to Russia. His most sensational news was that scores of former ARA russian employees were languishing in GPU prisons on charges of espionage. He seems to have been obsessed with the details of Soviet spying, citing a popular saying in Russia that whenever two people are together talking, one is an informer ; and that in Russia all the Walls have ears.
A year later Turrou applied for membership in the ARA Association. Burland weighed the costs and benefits. Although Turrou was clearly and undesirable element, it was thought wise not to antagonize him : "He himself could tell many interesting tells if he put his mind to it. Turrou could make out a case for himself if he decided to fight."
Turrou took a job as a foreign correspondent clerk in a New York City departement store, then a post office clerk in the Bronx. On April 1, 1929, he went to work for the other Hoover, joining the F.B.I. Turrou was now a G-man ; his new motto "For God, for country, and for J. Edgar Hoover." To this day he remains one of the most controversial agents in the bureau's history."

Traduction :
Lorsque les coffres Dodge-Dalton ont été ouverts le 8 décembre, Léon Turrou était présent comme témoin et il a signé la «loi» du gouvernement soviétique en tant que traducteur. L'ombre de Turrou tombe de façon inquiétante sur l'incident du courrier de décembre.
Quatre ans plus tard, Burland se souvenait encore des «commérages» à Moscou à propos de Turrou : «qu'il agissait en tant qu'espion pour les Bolos et a donné l'épisode du tronc Dodge.» On ignore pourquoi on pensait que les Soviétiques auraient eu besoin des services pour démasquer Dodge, dont la réputation avait longtemps précédé le train qui le transportait et son pillage hors de Russie. Cela ne signifie pas pour autant que Turrou n'ait pas espionné pour les Bolos. Le cheminement de carrière qu'il a suivi après avoir quitté l'ARA indique une propension au jeu d'espionnage. Et l’existence remarquablement nomade de ses années pré-adultes pourrait suggérer une longue expérience dans le changement d’allégeances, bien que pour les détails de sa première biographie, il faut se fier au témoignage de Turrou, prononcé sous serment devant le tribunal de district des États-Unis à New York en 1928.
Turrou - qui prononce son nom de façon à rimer avec «Ferrow» - est né à Crascaw le 14 septembre 1895, plusieurs mois après la mort de son père à Paris. Trois mois après sa naissance, sa mère est décédée et il a été adopté par des voisins, qui l'ont emmené au Caire et à Alexandrie, puis à l'âge de sept ans en Chine. Après la mort de sa mère adoptive, son père adoptif l'a emmené à Odessa puis à Varsovie, et après avoir servi dans l'armée impériale russe pendant la guerre russo-japonaise, il est retourné avec le garçon en Chine, y travaillant comme importateur jusqu'à sa mort quelques années plus tard. Turrou, alors adolescent, a été renvoyé en Pologne, a erré à Berlin, puis à Londres, puis est venu aux États-Unis, où il a gagné sa vie en lavant la vaisselle et en faisant des traductions, car il avait alors acquis la maîtrise de plusieurs langues.
En 1915, il part pour Paris, cherchant à s’engager dans la guerre, et finit par rejoindre l'armée impériale russe. Il a participé à des actions sur le front oriental et a été blessé à deux reprises. Après la guerre, il séjourne brièvement à Shanghai ; en 1919, il est retourné aux États-Unis et s'est appuyé sur ses compétences en traduction, travaillant pour le journal de langue russe Slovo jusqu'à ce qu'il rejoigne les marines en 1920. Il s'est ensuite repris et a déménagé à Paris, où il a travaillé comme traducteur et s’est débrouillé pour se connecter avec l'ARA. En septembre 1921, il a signé avec l'unité russe, pour laquelle sa connaissance des langues et ses antécédents russes ont dû le faire paraître un candidat attrayant. Il se sentait comme chez lui à Moscou ; lui-même a dit qu'il avait «le visage ovale typique aux pommettes hautes d'un Russe. »
Turrou a été embauché comme interprète, et il a continué à exercer cette fonction tout au long de sa mission, mais il avait le don de tenter de s’insinuer dans des postes plus responsables. Très tôt, il a été chargé de la fabrication de vêtements au siège de Moscou, ce qui signifiait superviser l'assemblage des colis de vêtements. Plusieurs semaines plus tard, il a été transféré à la division administrative, où il a été assistant spécial de son chef. En avril 1922, Haskell ne tarit pas d'éloges sur les talents et la performance fougueuse de Turrou dans divers rôles : il «occupait l'un des postes les plus difficiles de ces quartiers généraux et il est actuellement le seul homme à occuper un poste de responsabilité au-delà de ce pourquoi il a été engagé. » Ces mots prendront plus tard une signification très différente de celle voulue. Haskell était fasciné, et une fois fasciné, il a obstinément gardé sa fascination face aux pires épreuves.
Les
premières plaintes à propos de Turrou sont venues de responsables
soviétiques qui étaient mécontents de la qualité de ses traductions lors
des réunions ARA-soviétiques, l’accusant d'avoir déformé leurs propres
mots et livré le message américain avec un ton excessivement hostile. Si
la qualité de ses traductions d'articles de journaux et de textes
officiels est une indication, les Soviétiques avaient raison de lui
faire reproche. Turrou avait une imagination créatrice, qu'il utilisa
librement comme traducteur.
Le problème le plus sérieux avec Turrou, cependant, n'était pas ses
traductions mais ses transactions, celles de la variété monétaire. Son
record est un assortiment de bric et de broc.
Le 1er novembre 1922, le bureau de Londres a informé Moscou que Turrou s'était plaint qu'il perdait de l'argent parce que Londres déposait ses chèques de paie en dollars dans une banque parisienne; comme il était impossible d'avoir un compte courant en dollars avec une banque parisienne, ils ne savaient pas de quoi il parlait.
En janvier 1923, après que le releveur Joseph Janicki eut quitté la mission et vivait à Riga, une succession d'Américains venant de Moscou lui avait dit qu'il avait laissé des factures impayées au casino Empire. Cela n'avait aucun sens pour lui jusqu'à ce que quelqu'un lui dise que ses cartes de visite avaient été laissées à l'Empire avec une reconnaissance de dette signée par Turrou, et que c'était Turrou qui parlait aux gens des créances impayées de Janicki. Janicki a écrit à Quinn au sujet de ce sale "truc" et a demandé de l'aide pour effacer son nom; si Quinn avait des doutes, il pouvait simplement demander à Freddie Lyon.
Cette question n'a pas pu être résolue à la satisfaction de Janicki car un an après la mission, il a écrit au bureau de New York et a demandé à être rappelé à tous ses amis ARA - tous, c'est-à-dire, "SAUF TURROU. Vous pouvez l'oublier pour moi, s'il vous plaît. Je lui transmettrai personnellement mes meilleurs vœux à mon arrivée et il devrait encore s'en remettre. "
D'autres auraient volontiers adhéré à de tels vœux. L'un d'eux était Michael Banetski, un citoyen soviétique qui s'est tourné vers Haskell à la fin de la mission et a demandé à être emmené aux États-Unis. Il craignait que sa contribution en tant qu'employé de l'ARA ait été cachée au colonel par Turrou, avec qui il avait travaillé pendant neuf mois. «Il a toujours essayé de m'abaisser, il ne m'a jamais accordé de crédit pour un travail important, mais il s'en est toujours attribué le mérite.»
Turrou était lié à une histoire malheureuse impliquant la location d'un appartement à Moscou par trois hommes ARA. Le loyer était d'environ quarante-cinq dollars par homme et par mois, et chaque Américain versait deux mois de loyer à l'avance puis emménageait. Leur joie d'avoir obtenu son diplôme de la vie à la maison du personnel a cependant été interrompue lorsque le Cheka s’est présentée un soir pour prendre possession du lieu, qu'il avait précédemment réquisitionné pour des bureaux. Le propriétaire avait disparu. Il semble que Turrou ait négocié les arrangements.
Tout cela est apparu alors que Turrou servait à Moscou, mais il n'a rien fait pour atténuer l'enthousiasme de Haskell, qui en février 1923, alors que Turrou quittait la Russie, a écrit une lettre élogieuse le remerciant pour son "service efficace", en particulier son excellente interprétation à de nombreuses conférences avec les Soviétiques.
Les difficultés de Turrou n'ont commencé qu'après avoir franchi la frontière soviétique. Début mars, il y avait des questions sur une caisse d'aiguilles, d'une valeur de 60 $, qu'il avait prise à l'entrepôt de Boinaia sans avoir un reçu en bonne et due forme. Le siège de Londres essayait de le retrouver pour une explication appropriée. À ce moment précis, Turrou était à Varsovie pour écrire à Haskell au sujet d'un autre développement troublant. Avant son départ de Russie, il avait acheté quatre diamants et une montre Platinium pour 2500 $, mais à son arrivée à Varsovie, il a découvert que les diamants n'étaient que des saphirs de l'Oural - en d'autres termes, il avait été dupé. Il était sur le point de partir pour les États-Unis mais a demandé à Haskell la permission d'envoyer les fausses pierres par courrier ARA en Russie adressées à Booman et avec une demande que son ami letton fasse quelque chose à ce sujet. Haskell étant en congé, Quinn a donc appelé Londres pour avertir que si Turrou devait y faire surface en route vers les États-Unis, il serait informé que sa demande lui avait été refusée.
Une semaine plus tard, il a été révélé que Turrou, qui a payé le vendeur de diamants de Moscou avec un chèque sur le Banker's Trust à Paris, avait suspendu le paiement sur le chèque - un fait qu'il a négligé de mentionner dans sa lettre à Haskell - et que maintenant le vendeur était en dette envers la Banque d'État soviétique pour l'argent. Quinn a défini cet individu comme étant "l'un des types particulièrement indésirables", bien qu'il pensait que les diamants étaient probablement authentiques et que Turrou lui-même était le pigeon. Quinn a ensuite appris d'une source distincte que Turrou avait arrêté le paiement en affirmant que le chèque avait été volé et que la signature était un faux. "Dans l'ensemble, c'est une affaire assez loufoque et nous sommes heureux que Turrou soit hors de Russie."
Mais où était-il? Mitchell à Londres a écrit à New York qu'ils n'avaient pas pu le traquer à Varsovie et qu'il avait évité les bureaux de Londres, apparemment " agissant à sa guise". Il avait mis les voiles du Havre pour New York, et le plan était de l'intercepter là. Mitchell a caractérisé son comportement" un exemple de nerf parfait. Le jeune homme peut parler dans trois langues différentes et je pense qu'il a apparemment fait un peu d'affaires dans chacune.
Le 26 mars, Turrou était arrivé à New York et avait été en quelque sorte attiré au siège de l'ARA. Il a expliqué qu'il n'était plus en possession des diamants en question, qu'il les avait donnés à un homme du nom de Nachhimoff à Varsovie, qui devait retourner à Moscou et les livrer à Volodin car les pierres ne valaient qu'environ soixante-dix dollars en lui demandant de rendre les bijoux au vendeur. Quant aux aiguilles manquantes, Turrou a affirmé qu'elles avaient été remises à une institution catholique à Moscou, comme l'a confirmé Burland.
Cette information a été câblée à Quinn, qui a cablé en retour le 31 mars qu'aucun Nachimoff n'était apparu à Moscou et que l'histoire des aiguilles était clairement fausse. Il a estimé que Turrou devrait être obligé d’assumer le chèque annulé.
Le 4 avril, Brown a écrit à Haskell, maintenant de retour à Moscou, que Turrou avait clarifié la question des diamants et avait signé un affidavit sous serment. On ne sait pas exactement ce qu'il a avoué parce que l'affidavit est perdu, mais en suivant le raisonnement, Turrou peut en fait avoir été pigeonné parce que les chefs ont caractérisé sa déclaration comme «une longue et triste histoire de ce qui est censé être sa tentative d'entrer dans le jeu de "faire fortune". Nulle part dans la documentation il n'y a d'indication de ce que Haskell pensait de ces questions.
Cela aurait dû être la fin de l'histoire de Turrou ; il aurait dû disparaître de la scène comme ces autres opérateurs ARA, Veil et Dodge. Mais Turrou était un homme de confiance d'une race supérieure.
« Fin avril, seulement trois semaines après un développement qui aurait laissé un homme normal faire profil bas, il a adressé une lettre plutôt osée à Hoover. Il a déclaré au chef que le jour où il avait été embauché pour faire l’interprète pour Haskell avait été le plus heureux de sa vie car cela l'avait placé dans une position idéale pour découvrir «la vraie vérité» sur la Russie. Son rôle d'ARA et sa facilité avec les langues lui ont permis de « pénétrer dans des situations fâcheuses». Il avait réussi à gagner la confiance des dirigeants soviétiques et avait ainsi pu apprendre l'histoire intérieure des affaires de Bolo. Après un moment, il avait décidé de quitter la Russie parce que « J'étais fatigué d'être suivi et d'être espionné et j'ai senti que j'avais fait tout ce que je pouvais avec assez de temps pour échapper à la sécurité. » Il estime que Hoover gagnerait à entendre les« faits détaillés »de ses « enquêtes personnelles continues. »
Mais juste au cas où le chef ne le verrait pas de cette façon, Turrou laissa échapper une allusion subtile. Les journaux lui réclamaient tous son histoire, a-t-il dit, mais il pensait qu'il devrait obtenir l'approbation de Hoover avant de rendre ses conclusions publiques. Ces découvertes avaient beaucoup à voir avec l'obstructionnisme soviétique officiel. Pourquoi, à peine un paragraphe de l'Accord de Riga n'a pas été violé. Il était en possession d’une information confidentielle selon laquelle les agents de Lander avaient reçu l’ordre de diffuser la propagande anti-ARA. La rencontre de Haskell avec Lénine avait fait monter les attentes soviétiques d'un accord avec Washington, mais le colonel Haskell est revenu les mains vides et ils n'ont jamais surmonté la déception." Et ainsi de suite.
Avec seulement quelques mois restants dans la mission et avec l'ARA souhaitant éviter la controverse, Turrou pourrait en faire toute une histoire. Pour éviter ce Hoover, il faudrait se mettre d'accord pour le voir, ce qui était le calcul de Turrou. Cela a été décidé dans le bureau de New York où la discussion a dû s'accompagner de nombreux grincements de dents. Il n'y a aucune trace de la rencontre Hoover-Turrou, mais cela s'est produit le 14 mai ou avant lorsque Page a écrit à Herter que Turrou n'était "pas un véritable ARA" - les mots de Quinn - et qu'il n'était pas autorisé à revoir le chef.
Turrou est resté hors de vue pendant environ deux ans jusqu'à ce qu'il écrive une autre lettre à Hoover, celle-ci concernant un supposé voyage d'affaires de six semaines qu'il venait de faire en Russie. Sa nouvelle la plus sensationnelle était que des dizaines d'anciens employés russes de l'ARA se languissaient dans les prisons du GPU pour espionnage. Il semble avoir été obsédé par les détails de l'espionnage soviétique, citant un dicton populaire en Russie selon lequel chaque fois que deux personnes parlent ensemble, l'un est un informateur ; et qu'en Russie, tous les murs ont des oreilles.
Un an plus tard, Turrou a fait une demande d'adhésion à l'Association ARA. Burland a évalué les coûts et les avantages. Bien que Turrou soit clairement un élément indésirable, on pensait qu'il ne fallait pas le contrarier : "Lui-même pourrait dire de nombreuses histoires intéressantes s'il y pensait. Turrou pourrait se défendre s'il décidait de se battre."
Turrou a pris un emploi en tant que commis correspondant étranger dans un magasin du département de New York, puis commis de bureau de poste dans le Bronx. Le 1er avril 1929, il est allé travailler pour l'autre Hoover, rejoignant le F.B.I. Turrou était maintenant un G-man; sa nouvelle devise "Pour Dieu, pour le pays et pour J. Edgar Hoover." À ce jour, il reste l'un des agents les plus controversés de l'histoire du bureau. "

